Migrants vulnérables : l’ADPDH lance une campagne de sensibilisation à El Mina (PHOTOS)

Dans le cadre d’un projet d’appui à la protection et à la gestion des migrants les plus vulnérables à Nouakchott-Sud, l’Association pour le Développement et la Promotion des Droits Humains (ADPDH) a lancé à El Mina une série d’activités d’identification, de sensibilisation et d’orientation des migrants. Une initiative mise en œuvre avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financée par l’Union européenne (UE).

Une campagne axée sur la protection des migrants

Placée sous le thème « Renforcement de la protection, de la gestion des cas et de l’assistance directe aux migrants vulnérables à Nouakchott-Sud », cette campagne s’inscrit dans le cadre d’un projet couvrant la période du 20 août au 30 novembre 2026.

Le projet intervient dans les moughataas d’El Mina, Riyad et Arafat, dans la wilaya de Nouakchott-Sud. À El Mina, les équipes de l’ADPDH ont entamé, depuis le 20 août, une série d’activités destinées notamment à identifier les migrants vulnérables, à les informer sur leurs droits et à renforcer les mécanismes locaux d’assistance.

Au cours de cette première phase, 84 migrants, majoritairement originaires de pays d’Afrique de l’Ouest, ont été identifiés.

Des séances de sensibilisation dans plusieurs quartiers

Les activités de sensibilisation ont été organisées dans plusieurs secteurs d’El Mina. Elles ont notamment concerné 20 personnes à El Mina G, 17 à El Mina F, 18 au carrefour Camara, 15 à Dar El Beidha, 12 à Mekka et 29 au Carrefour Bouddah.

Les échanges ont principalement porté sur les droits des migrants, mais également sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés, notamment ceux se trouvant en situation irrégulière.

Les participants ont été sensibilisés aux différents mécanismes de protection et d’assistance disponibles. Les séances ont également permis d’aborder des cas pratiques afin de renforcer les capacités des acteurs locaux à identifier les personnes les plus vulnérables et à mieux les orienter vers les services appropriés.

Des relais communautaires pour rapprocher l’assistance des migrants

À chaque étape de la campagne, deux relais communautaires sont désignés afin d’assurer la liaison entre les migrants et l’association.

Ces relais constituent un maillon essentiel du dispositif. Ils doivent notamment faciliter la remontée des besoins, l’orientation des migrants vulnérables et le suivi des cas nécessitant une assistance particulière.

L’approche privilégiée repose ainsi sur la proximité, la coordination avec les acteurs locaux et la mise en place d’un mécanisme de référence permettant d’assurer une prise en charge plus adaptée des personnes vulnérables.

Une approche fondée sur les droits humains

Au-delà de la sensibilisation, les activités ont permis aux participants de mieux connaître les instruments internationaux relatifs à la protection des migrants, à la gestion des cas et à l’assistance aux personnes vulnérables.

L’analyse de situations concrètes a également constitué un volet important de la formation, permettant aux participants de mettre en pratique les connaissances acquises et d’affiner les méthodes d’identification des migrants nécessitant une prise en charge spécifique.

À l’issue de cette étape, les acteurs impliqués ont procédé à une évaluation des résultats obtenus, afin de mesurer les progrès réalisés et d’identifier les éventuelles difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du projet.

Améliorer l’accès aux services essentiels

L’objectif principal du projet est de contribuer à l’amélioration de la protection des migrants vulnérables à Nouakchott, à travers une approche fondée sur les droits humains, la proximité et la coordination avec les acteurs locaux.

Parmi les objectifs spécifiques figurent l’identification et l’enregistrement des migrants les plus vulnérables, ainsi que la mise en place d’une gestion individualisée des cas de protection.

Le projet vise également à faciliter leur accès à l’assistance humanitaire, aux soins médicaux et au soutien psychologique, mais aussi aux services de justice et aux autres dispositifs sociaux disponibles.

Le renforcement des mécanismes de référence et de suivi doit, par ailleurs, permettre aux relais communautaires de mieux accompagner les migrants et de jouer leur rôle d’interface avec les communautés d’accueil.

Des besoins importants pour les migrants vulnérables

La Mauritanie accueille d’importants flux migratoires. Dans ce contexte, certaines catégories de migrants se trouvent particulièrement exposées à des situations de vulnérabilité.

Il s’agit notamment des femmes et des enfants non accompagnés, des victimes de traite, des personnes âgées ou en situation de handicap, qui peuvent rencontrer des difficultés d’accès aux soins médicaux, à la protection, à la justice et à l’assistance sociale.

Le projet entend ainsi renforcer les dispositifs de proximité afin que les personnes les plus vulnérables puissent être identifiées plus rapidement et orientées vers les services adaptés.

300 migrants vulnérables ciblés

Dans le cadre de sa mise en œuvre, le projet prévoit l’identification et l’enregistrement de 300 migrants vulnérables, ainsi que l’ouverture de 200 dossiers individuels.

Il est également prévu l’élaboration de 200 plans d’accompagnement, destinés à permettre une assistance directe et individualisée aux personnes présentant les besoins les plus importants.

L’ADPDH a, pour sa part, engagé dès le 25 août 2026 les démarches administratives nécessaires à la mise en œuvre effective du projet.

Par Aboubakrine SIDI

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