Tidjane Thiam, ancien ministre de la Santé et figure politique majeure de la région du Gorgol, a été nommé à la tête de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC). Bénéficiant de la confiance du président Mohamed Ould Ghazouani et du Premier ministre, ce haut cadre réputé pour sa compétence hérite d’une entreprise publique plongée dans une crise profonde.
La SOMELEC fait face à de lourdes difficultés financières et à de graves faiblesses structurelles, récemment mises en lumière par la commission d’enquête sur les récents incendies survenus dans deux des principales centrales électriques de la capitale. L’entreprise pâtit notamment d’un personnel pléthorique, souvent peu ou pas qualifié, de pratiques ancrées de clientélisme et d’un manque manifeste de rigueur dans l’attribution des marchés publics.
À cela s’ajoute la vétusté d’équipements vieillissants qui nécessitent un entretien sérieux et un renouvellement urgent pour garantir la continuité du service public.
Le rapport accablant de la commission d’enquête préconise une restructuration globale et appelle à une clarification urgente des relations institutionnelles et financières entre la SOMELEC, son ministère de tutelle et le ministère des Finances.
Face à l’ampleur du chantier, plusieurs observateurs soulignent que Tidjane Thiam aura « du pain sur la planche ». Selon certains analystes, l’octroi d’un statut d’Administrateur Directeur Général (ADG) lui donnerait les coudées franches et l’autonomie nécessaire pour assainir la gestion, mettre fin aux passe-droits et mener à bien les réformes sans dépendre continuellement des arbitrages du ministère des Finances.
Fort de son expérience aux plus hautes fonctions de l’État, le nouveau directeur général devra rapidement insuffler une nouvelle dynamique pour redresser ce géant en crise afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité.
ATHIE
